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Jeudi 2 mars 2006 à 14h30

Kirikou et les bêtes sauvages

Photo Par Karl Filion

Le réalisateur Michel Ocelot était de passage au Québec, cette semaine, pour promouvoir son tout nouveau film Kirikou et les bêtes sauvages. Cinoche.com l'a rencontré pour lui parler de ce personnage et de ce deuxième film qui a fait 1,8 million d'entrées en France avant de traverser l'Atlantique.

Le film prend l'affiche vendredi le 3 mars au Québec. Visitez la fiche du film pour obtenir l'horaire, en cliquant ici.

D'entrée de jeu, on demande à savoir comment l'auteur perçoit son bébé, sa création. "Kirikou c'est quelqu'un que j'aime bien. C'est d'une part moi, mais c'est un moi idéal. Ce que j'aime dans Kirikou, c'est qu'il commence par poser une question, il réfléchit, et qu'il n'accepte pas les réponses idiotes. Il fait la différence entre les réponses idiotes et les réponses intéressantes" annonce d'entrée de jeu le réalisateur. "Il y arrive aussi sans arme, et sans porte-bonheur, et ça c'est important. J'y tiens beaucoup, c'est un message que je veux transmettre : retroussez vos manches mais n'essayez pas d'acheter un porte-bonheur ou de lire votre horoscope, on s'en fout. Travaillez, allez-y. J'ai fait attention pour qu'il n'ait aucun pouvoir particulier, et que c'est seulement sa vaillance, son intelligence et son courage qui lui permettent d'accomplir des choses."

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Kirikou n'est pas grand, mais il est vaillant et inventif, et dans ce nouveau film il sera jardinier, détective, potier, marchand, voyageur et médecin, toujours le plus petit et le plus vaillant des héros. "Il court vite parce que j'en avais besoin pour raconter l'histoire", nous dit, non sans une pointe d'humour, Michel Ocelot.

Tradition et passion

Kirikou et les bêtes sauvages est un film pour enfants, en animation traditionnelle. Le dessin est fait à la main, par des dessinateurs qui font des milliers de dessins sur du papier, et la mise en couleur est informatique. "Le fait que ce soit dessiné est plaisant parce qu'il y a une intervention humaine et un manque de réalisme qui me plait beaucoup pour un conte."

À savoir s'il aurait été possible pour Kirikou, en animation par ordinateur, de connaître le même succès que Shrek, le réalisateur répond : "Non, non, non, il y a une innocence avec la technique que j'ai prise et avec le conte. Le 3-D est une médiocre imitation de la réalité. Si on veut le réel, il faut tourner la réalité, et pas faire de l'animation."

Comme tout bon film pour enfants traditionnel, Kirikou et les bêtes sauvages est bourré de messages. "Ils me viennent naturellement, c'est ce que j'ai appris au cours de la vie. Être conscient, et critique, ne pas gober n'importe quoi. Être généreux. Aussi quelque chose que j'ai appris en Afrique, ne pas avoir honte d'avoir un corps."

Traverser l'Atlantique

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Face au succès monstre des deux films de Kirikou – le premier volet le mettant en vedette est paru en 1998 et s'intitulait Kirikou et la sorcière – il n'est pas du tout surprenant de voir le film traverser l'Atlantique pour être projeté sur les écrans québécois. Le réalisateur, qui n'en est pas à sa première visite au pays, raconte : "Je crois que le film aura le même succès au Québec qu'en France. Pourtant, avec Kirikou, il y a cette naissance, cette nudité et l'Afrique, et on me disait que ça n'intéressait personne."

Entre les deux films, le jeune Kirikou a évolué. "Il faut savoir d'abord que ce n'est pas la même mécanique. Le premier, je racontais une histoire très particulière, avec un début, un développement, une chute, je vous emmenais dans un endroit où je voulais. Le second, c'est un retour au village. On le connaît, on tente de vivre au village, on prend le temps de planter un potager, d'aller à la ville. C'est plutôt une promenade qu'une aventure."

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Plus de 200 personnes ont travaillées sur Kirikou… le réalisateur a-t-il peur de perdre sa créativité, son pouvoir sur le film et sur le personnage qu'il a créés? "Je n'ai pas peur. Dans mes films, je suis en paix avec ma conscience. Je fais mon travail du mieux que je le peux, je ne dis que des choses auxquelles je crois, et puis voilà.»

Michel Ocelot rentrera pour travailler sur un nouveau projet prévu pour la fin de 2006 en France, "c'est un sujet qui ne suit pas tout à fait les règles de ce qui se fait d'habitude. Je regarde en face la civilisation islamique et je vois si on peut s'entendre ou pas. Je la célèbre aussi." Le projet s'intitulera Azur et Asmar et prendra l'affiche le 6 décembre en France.

Avis de Cinoche.com

Un film très innocent, dans le bon sens du terme. Un film pur, parfois même un peu trop, qui sera idéal pour les enfants et qui détonne complètement des films d'animation américains habituels.

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