entrevue
Vendredi 9 avril 2010 à 08h00

Kim Nguyen et Claude Legault parlent de La cité

Photo Par Karl Filion
Claude Legault dans La cité

Le nouveau film du réalisateur Kim Nguyen, La cité, prend l'affiche cette semaine dans les salles de cinéma du Québec, après un tournage périlleux dans le désert de la Tunisie. « J'avais le goût d'aborder, de façon très humble, les conflits de civilisations qui sont de plus en plus fréquents dans nos sociétés. Sans offrir de solution, je voulais établir une parabole de notre état du monde. Plutôt que d'aller dans la science-fiction, j'ai décidé d'aller dans le passé. De fil en aiguille, l'intention s'est beaucoup transformée pendant le tournage. C'est devenu un film plus iconographique, au sens du western et du film de guerre. »

Et pourquoi faire du cinéma plutôt que tout autre art? « Tout cinéaste se pose la question à chaque jour, je pense. Est-ce qu'on devrait faire un autre métier? Le cinéma, c'est fascinant, pour ses moments d'authenticité qui sont propres au cinéma. Ça ne peut pas être reproduit d'une autre façon. »

« Un film est toujours en construction, ou en mutation, du début à la fin. Pour moi, c'est la meilleure façon de faire le film, c'est d'être à l'écoute du moment présent. On est conscient de ce que les comédiens nous donnent, qui est plus intéressant que ce qu'on avait imaginé. Parfois, les comédiens nous donnent des lignes qui témoignent de plus de vérité que ce qu'on avait imaginé au scénario. »

Qu'est-ce qui fait la qualité d'un comédien? « Le plus important pour moi, c'est qu'ils aient une humanité à l'écran. Entre une rencontre et le travail, c'est toujours différent. On commence à connaître la personnalité du comédien seulement quand on commence à travailler. Ma job, c'est de comprendre qui ils sont, comment je peux les aider et qu'est-ce qui leur nuit. »

« En général, les comédiens, si on intellectualise trop, ça ne marche pas... « Tu es le symbole de telle chose », ça ne se joue pas, tsé. »

Et le fait de réaliser un scénario qu'on a écrit soi-même, est-ce un avantage ou un désavantage? « Ce n'est pas nécessairement plus facile, moins facile, plus intéressant ou moins intéressant, c'est juste que ce sont des histoires que j'ai essayées de mettre à l'écran. Prochainement, de plus en plus, j'essaie d'établir des partenariats avec des scénaristes où on écrit ensemble, on se donne des idées, on passe le flambeau à un scénariste. »

Claude Legault incarne le légionnaire qui dirige la cité. « Il travaille pour l'honneur. Il fait son métier, mais il le fait parce que c'est juste. C'est un gars de terrain, ses parents étaient des Pieds-Noirs, probablement... C'est l'fun de pouvoir savoir tout ça, quand le réalisateur est capable de te donner du jus. C'est ça qui m'a charmé, aussi. »

On ne peut qu'imaginer que, pour un acteur, enfiler le costume, enfiler la moustache et se retrouver dans les vrais décors doit aider à saisir le personnage. « Oui, mais... je l'avais déjà visualisé avant, le personnage. Le costume, je l'ai essayé à Montréal. Je savais qu'ils me feraient une balafre. » Une fois les deux pieds dans le sable, tout est plus sérieux. « C'est écoeurant. Avec l'uniforme, l'épée, le gun, tu le sais que ça marche. Il fait chaud, ça sent mauvais, et il y a de la poussière. »

Une fois sur le plateau, quels commentaires veux-tu de sa part? « Ça dépend. Je ne veux pas qu'un réalisateur m'en laisse passer une. Il y a des gens qui arrivent à un moment dans leur vie - heureusement, je ne suis pas rendu là - où les gens pensent qu'ils ne peuvent rien leur dire, ils ont trop peur, c'est un trop gros nom... C'est là que cette personne-là va commencer à se planter. Des fois, on ne le sait pas ce qu'on fait. Donne-moi du feedback. Si c'est de la marde, dis-le-moi que c'est de la marde, parce que quand ça va être à l'écran, ça va être encore de la marde. »

Qu'est-ce qui fait la spécificité de ce film? « C'est un film qui a la lenteur du désert. Dans le désert, impossible d'aller vite sinon tu vas mourir. Ton char, si tu le pousses trop, il crève. Si tu cours trop vite, tu vas mourir, si tu pousses trop ton chameau il va crever. Marche tranquillement, tu vas te rendre loin. La nuit, arrête, abrille-toi. Le film est très lent, au départ, et un moment donné ça part. »

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