dossier
Vendredi 29 juillet 2005 à 12h00

Horloge biologique

Photo Par Karl Filion

Cinoche.com a rencontré pour vous les artisans d’Horloge biologique, dont le réalisateur et co-scénariste Ricardo Trogi, les co-scénaristes Jean-Philippe Pearson et Patrice Robitaille, et les acteurs Pierre-François Legendre, Julie Deslauriers et Julie Perreault. Nous vous présentons le compte-rendu de notre rencontre dans un dossier spécial.

Le film très attendu du réalisateur Ricardo Trogi, qui nous a donné Québec-Montréal en 2002, prendra l’affiche la semaine prochaine, le 5 août, sur les écrans du Québec.

L’heure du réveil a sonné

Horloge biologique est un film sur la paternité à travers trois couples. Sébastien, père d’un bébé de huit mois, essaie de partager son bonheur, malgré les nuits trop courtes, avec ses vieux amis. Il se sent exclu du groupe, qui prévoit un voyage de chasse sans lui. Fred, lui, essaie le plus possible de retarder l’arrivée d’un bébé malgré l’insistance de sa conjointe. Il veut conserver sa relation mais ne se sent toujours pas prêt à faire un enfant. La conjointe de Paul est enceinte et cela le plonge dans une angoisse profonde. Devant l’inévitable, il sait qu’il devra prendre ses responsabilités mais souhaiterait profiter de ses derniers mois de liberté pleinement. Les sorties dans les bars, les parties de chasse et les fêtes entre amis seraient-elles terminées pour lui ? Les trois hommes, toujours authentiques, prendront des décisions parfois inconsidérées pour régler leurs problèmes. Et ils en sortiront, malgré tout, grandis.

image

S’il est difficile de catégoriser Horloge biologique, les scénaristes s’entendent sur l’appellation « comédie de mœurs ». Parce que, par rapport à Québec-Montréal, Horloge biologique est manifestement plus mature. Le scénariste Jean-Philippe Pearson précise bien cependant que « ce changement n’est pas intentionnel, qu’il est le fruit d’une évolution naturelle du groupe ». À savoir s’ils craignent la réaction du public, tous répondent que non sauf le réalisateur, qui mentionne que c’est le distributeur qui a décidé de présenter le film comme une comédie. Pour lui, Horloge biologique est plutôt « un drame déguisé en comédie ». « C’est un film avec un propos sérieux quand même, un moment donné tu ne peux pas non plus faire juste des « jokes » là-dessus », tient-il à préciser. Jean-Philippe Pearson mentionne de son côté qu’il a l’impression que « ceux qui ont aimé Québec-Montréal ont aussi évolué et vieilli en même temps que nous ».

image

À son avis, le film devrait initier des réflexions post-projection et des discussions dans les couples qui iront le voir. Ricardo Trogi met en garde les « hommes qui se font achaler pour un bébé » et leur suggère « de rentrer en autobus », il assume complètement les disputes qu’il pourrait initier.

Des acteurs engagés

Pour Patrice Robitaille comme pour Jean-Philippe Pearson, écrire le scénario d’un film et y jouer est « plus impliquant », d’autant que la sortie du film approche à grands pas. « Nous saurons si le public aime ce qu’on aime, s’il se reconnaîtra dans l’histoire », remarque Jean-Philippe Pearson. Pierre-François Legendre, qui est aussi un ami du groupe de scénaristes, est le seul acteur principal qui n’a pas participé à l’écriture du scénario. Il remarque d’ailleurs que « c’est effectivement plus difficile de se joindre à eux, de se greffer au projet parce qu’il est déjà commencé depuis longtemps ». Il mentionne cependant que « Ricardo fait n’importe quoi, je le suis ». Sa première réaction à la lecture du scénario ? Il était : « surpris, et fier d’eux aussi, parce qu’ils ont su synthétiser ce qu’on se dit depuis 10 ans ».

image

Les actrices Julie Deslauriers et Julie Perreault se sont jointes au groupe par le biais d’auditions, et toutes les deux n’ont pas hésité à s’embarquer dans l’aventure. À leur avis, la représentation des femmes dans le film est réaliste, même si elles sont inspirées de l’expérience des scénaristes, tous des hommes. Ricardo Trogi précise qu’« il n’y a pas de scènes qui impliquent une fille avec son amie de fille ou une fille au centre d’achats, on a voulu prendre le point de vue des gars. On ne voulait pas parler pour les filles ».

Les scénaristes mentionnent que le film n’est pas inspiré de leurs vies, qu’il n’est pas non plus une confession, qu’il est plutôt « des situations probables » envisagées dans des discussions, entre gars. L’objectif c’est « que les personnages ne disent pas tous la même chose », note Patrice Robitaille.

Finalement, Horloge biologique s’adresse-t-il aux gars ou aux filles ? Aux couples, nous dit-on, parce que selon Julie Perreault, « Horloge biologiquee c’est une histoire de gars, mais pour tout le monde ».

image

Le groupe de créateurs prépare un nouveau projet, dont la nature est tenue secrète, mais qui les réunira de nouveau. Ricardo Trogi n’a pas l’intention de se concentrer sur un projet solo, même s’il a beaucoup d’opportunités. « Je ne veux pas qu’il nous arrive ce qui est arrivé aux B.B. » dit-il sagement à ce sujet.

L’avis de Cinoche.com

Horloge biologique est un film, comme le disent ses créateurs, beaucoup plus mature que son prédécesseur spirituel Québec-Montréal. Moins drôle, plus sérieux même techniquement, espérons que le public saura voir les qualités de ce film apparemment mûri, très éloquent, qui se sert du rire comme d’un prétexte pour amorcer une vraie réflexion. Un travail d’observation très intéressant et minutieux, qui sait se dévoiler lentement et qui sait nous surprendre, d’autant que personne ici ne tente de séparer le bien du mal. Vraiment, Horloge biologique n’est pas la comédie qu’on attendait, c’est encore plus.

Lisez la critique complète de Karl Filion, en ligne dès le mercredi 3 août 2005.

Partager sur : Twitter Facebook
Site conçu et développé par Logo Libéo
Représentation publicitaire par Logo Moviefone
© 2016 Média Happy Geeks inc. Tous droits réservés.