entrevue
Mercredi 14 mars 2012 à 16h10

Guy A. Lepage parle de L'empire Bossé

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily
Guy A. Lepage dans L'empire Bossé

La comédie L'empire Bossé, mettant en vedette Guy A. Lepage, Claude Legault et Valérie Blais, prend l'affiche dans les cinémas ce vendredi. Le long métrage, réalisé par Claude Desrosiers (Dans une galaxie près de chez vous), raconte l'histoire d'un homme d'affaires québécois qui se construit une fortune considérable à coups de corruption et bassesses de toutes sortes. Alors qu'il repose maintenant sur un lit d'hôpital attendant d'être débranché et veillé par son fidèle ami Coco Lacasse, un documentariste questionne membres de sa famille et anciens compatriotes pour faire un portrait global de son oeuvre et influence au Québec.

« Le projet est né il y a six ans. Lorsque André Ducharme, Yves Lapierre et Luc Déry ont écrit l'introduction de Camping sauvage, qui dépeignait l'histoire d'un homme d'affaires qui voit un hit and run, qui le dénonce à la police qui elle ensuite décide de le placer dans un camping pour le protéger des criminels du milieu, ils s'étaient beaucoup renseignés sur le monde des affaires. La productrice Lyse Lafontaine leur avait alors demandé d'écrire un film sur un Canadien français des années 60 qui est devenu riche. Ils ont accepté la proposition et on écrit un scénario un an et demi plus tard. À l'époque, le scénario a été refusé par les institutions qui prétendaient que les évènements décrits dans le film étaient trop gros, impossibles. Après est arrivé le scandale des commandites, la commission Gomery, Earl Jones, Vincent Lacroix, les déboires dans le domaine de la construction, et tout ça figurait dans le scénario. C'est donc devenu rapidement d'actualité et le film a été financé », explique le comédien et animateur Guy A. Lepage, qui soutient le projet depuis ses débuts.

« J'étais le comédien imposé dès le départ, mais quand Claude (Desrosiers) s'est joint au projet, il aurait eu le droit, je crois, de choisir un autre acteur. Mais comme il aime les défis, il a décidé de poursuivre l'aventure avec moi. De mon côté, j'ai réussi à convaincre Claude Legault, qui ne voulait plus jouer au cinéma parce qu'il avait joué trop de trucs récemment qui lui déchiraient le coeur et l'âme. Je lui ai dit que dans ce film-là, il serait un gros zouf rigolo et lui ai promis qu'il s'amuserait. Nous sommes devenus des amis après cette aventure », poursuit le créateur d'Un gars, une fille.

Le personnage de Bossé a été inspiré des entrepreneurs célèbres au Québec des quarante dernières années. « Tout ce que mon personnage fictif fait dans ce film-là, ce sont des choses qui ont été faites par différentes personnes du milieu des affaires québécois depuis les années 60. Ce sont des vraies crosses. Bossé aurait été un personnage qui aurait cotoyé les Pélodeau, Jean Coutu, Hoffman et Molson de ce monde dans des salons privés. » Malgré ses nombreux défauts, Bossé s'avère tout de même sympathique aux yeux du public. « Tous les grands hommes politiques, les entrepreneurs, à qui on donne notre vote, à qui on prête notre argent pour qu'ils l'investissent à notre place, sont des charmeurs, des gens charismatiques, des embobineurs. Je crois donc que la protagoniste a ses qualités aussi. Je suis peut-être moi-même un embobineur charismatique... »

Le film s'engage davantage vers l'avenue de l'absurde que vers la caricature, vers l'exagération. « L'humour présent dans le film ressemble davantage à celui des Britanniques qu'à celui de RBO par exemple. On fait les gags, mais on n’insiste pas du tout dessus. Les Anglais ont une manière de faire des blagues sans vraiment les faire, de raconter des choses incompréhensibles, complexes, tout en parlant normalement. Parfois dans le film, on rit beaucoup, ensuite tout devient très sérieux. On est obligé de dire que c'est une comédie parce que ce n'est pas un film triste, mais ce n'est pas nécessairement un film hilarant », poursuit le comédien. « Même si André Ducharme a écrit que les textes et que moi et Yves Pelletier jouons dans le film, dès le départ, c'était décidé que nous ne voulions pas nous aventurer dans le genre de RBO. »

Le réalisateur Claude Desrosiers a, quant à lui, été approché un an après le début officiel du projet, soit il y a cinq ans. « Ce fut réellement une belle expérience. Mais, même si cela paraît simple et facile - ce qui est une bonne chose parce que ça signifie que le film est facile à comprendre, accessible -, il y avait tout de même une certaine discipline, une rigueur à maintenir sur le plateau pour que tout le monde soit sur la même voie.  Je tenais à ce que le jeu de tous les acteurs soit homogène parce que sinon chacun prend sa propre direction et à l'écoute, on sent que quelque chose cloche. »

On sent qu'il y a un travail de direction artistique assez important dans le film; chaque époque a sa couleur, son style bien précis. « Les couleurs ajoutent un côté un peu fou au long métrage, sinon le film aurait été un peu plus aride à visionner en raison de son sujet difficile. Le milieu des affaires ça peut être dur, même plate, alors il faut ajouter quelque chose de ludique, de léger, pour captiver l'auditoire. »

On retrouve également dans Bossé, un plan-séquence de plusieurs minutes. « Habituellement une comédie c'est découpé au quart de tour avec des reactions-shots et des closes-ups. Je voulais que le film ait une approche différente, pas nécessairement conventionnelle. Faire ce plan a pris une journée complète. Ça a amené un bel esprit d'équipe, tout le monde travaillait ensemble et voulait obtenir la meilleure scène possible. Les acteurs changeaient de costumes quelques fois pendant le plan, c'était un défi intéressant et le résultat est à la hauteur de notre travail et nos attentes. »

« Après plus de dix-sept versions de scénario et bien des années d'attentes, nous sommes heureux d'enfin présenter le résultat au public. »

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