entrevue
Mardi 14 décembre 2010 à 15h40

Guy A. Lepage et Rachid Badouri parlent de L'appât

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily
Guy A. Lepage et Rachid Badouri dans le film L'appât

Le plus récent long métrage d'Yves Simoneau, L'appât, prend l'affiche sur nos écrans dès ce vendredi 17 décembre. Guy A. Lepage et Rachid Badouri incarnent les deux personnages principaux du film; les agents Prudent Poirier et Ventura Choukroune. Ils sont accompagnés à l'écran par Serge Dupire, Maxim Roy et Ayisha Issa.

Prudent Philibert Poirier est Lieutenant à la Police métropolitaine. Idéaliste au coeur pur, il déclenche plus souvent des catastrophes qu'il ne réussit des arrestations. Ventura est un soldat d'élite pour les services secrets français. Un espion polyglotte aux pectoraux d'acier. À cause d'un événement malheureux, nos deux policiers se retrouvent à travailler ensemble, un peu malgré eux!

Le scénario a été rédigé par Simoneau et William Reymond, l'auteur du livre Toxic : Obésité, malbouffe, maladie, enquête sur les vrais coupables.

Ce projet de film, alliant humour et action, a débuté lors d'une rencontre fortuite entre Guy A. Lepage, Yves Simoneau et William Reymond. « J'étais invité à l'émission de Guy (Tout le monde en parle) pour parler de l'un de mes livres, mais j'ai raté mon avion. Guy m'a donc réinvité la semaine suivante, et cette semaine-là un des invités était Yves Simoneau. Après l'enregistrement de l'émission, Yves, Guy et moi nous sommes allés souper ensemble. Autour d'un bon repas et plusieurs verres de vin, on a commencé à échanger sur des envies communes; Yves avait envie de revenir tourner au Québec, Guy voulait refaire du cinéma et moi j'avais envie de changer de style d'écriture et de passer à la comédie. C'est donc ainsi que L'appât est né », explique le scénariste.

William Reymond a écrit plusieurs romans et a travaillé sur quelques émissions télévisées, mais en était à sa première expérience en rédaction de long métrage. « La chose la plus marquante de mon expérience scénaristique c'est le travail d'équipe. J'ai écrit des livres pendant 15 ans et l'écriture de romans c'est un exercice extrêmement solitaire. Cette fois, j'écrivais avec Yves; moi installé aux États-Unis et lui dans les Cantons de l'Est, utilisant internet, la vidéo-conférence, etc., et ça été une expérience formidable. J'ai découvert une espèce de frère d'écriture à plusieurs milliers de kilomètres de chez moi. »

« Une autre difficulté marquante avec l'écriture cinématographique, et principalement la comédie, c'est qu'une bonne idée ce n'est pas nécessairement une bonne joke. Une bonne joke va souvent se définir dans la manière de la présenter. Il faut réécrire de nombreuses fois. On a donc eu à faire énormément de versions. Et ensuite, il y a les contraintes budgétaires qui arrivent, les contraintes de temps, de réalisation, alors ce que j'ai appris c'est qu'un scénario n'est jamais terminé avant le tournage final de la scène. »

« On a vraiment construit les personnages en fonction des forces de Guy et Rachid en tant que comédiens, mais également en tant qu'êtres humains. Lorsqu'on a vu Rachid sur scène, on a réalisé que sa présence physique est telle qu'on ne peut l'ignorer en faisant le film. Nous savions qu'il fallait beaucoup de scènes d'action parce que Rachid était parfait pour ça. »

Rachid Badouri, fanatique inébranlable de cinéma, décrit son personnage de Ventura Choukroune comme d'un homme loyal et compétent. « C'est un gars qui vit dans deux mondes différents ; dans le premier il est un assassin travaillant pour le gouvernement français, il parle plusieurs langues et s'engage dans des combats qu'il ne perd jamais, alors que dans le second il est un homme simple, très près de sa famille, qui prétend être agent de bord pour ne pas inquiéter ses parents avec son vrai travail. C'est une personne honnête et loyale qui avoue rapidement sa couverture à Poirier parce que, malgré le nombre de personnes qu'il a assassinées, il trouve ça injuste de mentir à un quelqu'un d'aussi fidèle. »

« On a ajouté, au cours des lectures, quelques petits clins d'oeil à ma vraie vie. Par exemple, mon père m'appelle « Salopard » dans le film et la profession fictive de mon personnage est celle d'un agent de bord, un job que j'ai déjà fait dans le passé. »

Malgré son horaire chargé - jusqu'à vendredi dernier, il enchaînait les entrevues, les spectacles et les séances d'autographes -, l'humoriste et comédien dit toujours trouver du temps pour aller au cinéma. « C'est mon travail, c'est ma passion, c'est mon école, si je dois y aller seul, j'y vais tout seul, mais je finis toujours par trouver le temps d'aller voir des films. »

La complicité qui lie les deux acteurs principaux; Rachid et Guy A., est palpable à l'écran comme derrière la caméra. « Peu importe le succès que connaîtra le film, je serai toujours reconnaissant d'avoir eu la chance de rencontrer Guy A., qui est devenu un ami personnel, un frère ». L'animateur de Tout le monde en parle est du même avis que son complice : « Ce fut un coup de foudre amical, on est devenus instantanément des amis, des alliés. On a vraiment compris rapidement qu'il fallait se tenir pour faire ce film-là ensemble et en faisant ça, on est rapidement devenus des amis ».

Guy A. Lepage, qui décrit son personnage comme un « tata touchant et sincère », croit au succès de L'appât. « Si tu aimes la comédie et l'action, c'est comme un massage d'une heure et demie. Et si tu n'aimes pas ça, et bien ça n'a aucune conséquence sur le reste de ta vie, tout simplement. »

Guy A. Lepage a l'habitude d'être auteur, réalisateur et producteur de ses propres projets, et d'être engagé uniquement comme comédien était plutôt nouveau pour lui. « Moi c'est soit je fais tout, soit je me laisse guider par quelqu'un qui est meilleur que moi. C'est comme ça que je fonctionne dans la vie; quand je n'ai pas confiance en le résultat, je m'implique plus, mais ici je n'ai pas eu à le faire. Yves c'est un vrai bon réalisateur, alors c'était facile de s'abandonner », précise l'acteur. « C'est un réalisateur très précis et attentif. Il écoute ta proposition, s'il aime ça il te laisse aller sinon il te dit comment le faire. Tu ne restes pas sur le plateau à chercher des idées qui ne viennent jamais. Faut que tu opères. Moi j'aime cette manière de fonctionner, ça fait partie de mon tempérament, j'ai aucun problème avec ça. »

Yves Simoneau a effectivement dû « opérer » dans la production de ce projet puisque le tournage, le montage et la sortie du film se sont déroulés en seulement quatre mois. « Le financement a pris le temps normal pour être accepté. Et quand on a eu le ok des institutions, soit le 27 avril, la date de sortie du film n'était pas très claire. On a commencé à tourner en septembre et quand la plage horaire s'est libérée (ndlr : la sortie du film Funkytown, qui devait prendre l'affiche à Noel, a été retardée de deux mois), on a sauté sur l'occasion. Quand tout le monde sait qu'on a une date précise, ça fait converger les énergies, donc ça été un plaisir de le finir dans ces termes-là et on a pas manqué de temps, le film que vous allez voir serait le même dans six mois. »

Le réalisateur décrit son film comme un manège. « Quand on décide d'embarquer dedans et de se laisser emporter par le jeu, on s'amuse. Ce film ne se prend pas au sérieux. Il fait appel à l'enfant à l'intérieur des adultes et joue avec un côté du cerveau uniquement, pas l'autre bord. Si on est prêt à embarquer dans cette « vibe »-là, le film fonctionne. »

« Il y a quelque chose avec ces acteurs-là qui est très universel et en même temps très proche de nous. Ils sont dans une réalité qui est décalée. Ce n'est pas le réel, mais ça ressemble au réel. Ce décalage nous permet de développer un humour particulier, on peut exagérer parfois par moment sans tomber complètement dans la caricature. Le film génère du plaisir, et ce plaisir était présent tout le long de la fabrication. »

« J'avais vraiment envie de refaire une comédie. Le dernier film que j'avais fait au Québec était Dans le ventre du dragon, avec Michel Côté et Rémy Girard, et j'ai tellement eu de plaisir à tourner ce long métrage que j'ai toujours eu envie de recommencer. Ça ne s'est pas passé aux États-Unis ou en Europe, les comédies ne sont pas faciles à dénicher, à mettre ensemble, à faire avancer, c'est un genre qui est très pointu donc ça m'échappait tout le temps. Alors quand on a décidé de revenir ici, les gens me demandaient ce que j'avais envie de faire et je répondais instinctivement que je ferais une comédie en français avec des gens que j'aime. »

Cette dite comédie, titrée L'appât, prend l'affiche ce vendredi 17 décembre à travers le Québec.

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