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Mardi 30 octobre 2007 à 12h00

Entrevues : Surviving my Mother

Photo Par Karl Filion

Après Mambo Italiano, un nouveau fruit de la collaboration entre Steve Gallucio et Émile Gaudreault prendra l'affiche ce vendredi.

Tourné en anglais, Surviving my Mother (Comment survivre à sa mère) met en vedette Caroline Dhavernas, Ellen David, Louison Danis, Colin Mochrie, Adam Harrington, Véronique Le Flaguais et Christian Bégin.

Voyez notre galerie de photos du tapis rouge, qui avait lieu au Festival des Films du Monde en août dernier.

Caroline Dhavernas

Jeune actrice québécoise avec beaucoup d’expérience, Caroline Dhavernas travaille aussi aisément en anglais qu’en français, au Canada qu’aux États-Unis, autant dans le drame que la comédie. « Émile a pensé à moi parce qu’il savait que j’avais fait du drame et de la comédie, et ce film-là demande de savoir faire les deux. »

« Et justement, ce qui m’intriguait et qui me faisait peur à la fois, c’était la fine ligne entre la comédie et le drame. Il fallait s’entendre sur le niveau de jeu. Je voyais ça très naturel et lui aussi, c’est encore plus drôle. »

Même si plusieurs scènes sont drôles, ça reste un travail. « Ce n’est pas un plateau où on a rigolé beaucoup, je pense qu’on était très concentrés à faire fonctionner ça. Par contre on a eu beaucoup de plaisir. Émile est quelqu’un de très agréable à travailler parce qu’il donne beaucoup de place, mais il t’encadre aussi, et j’aime bien travailler comme ça. »

« C’est sûr que c’est une bulle, le tournage. Tu n’es pas tout à fait la même personne surtout quand tu travailles à l’étranger. J’ai toujours trouvé ça agréable de créer dans cet univers-là. »

« La transe vient du fait que tu ne vois plus personne pendant quatre ou six semaines, mais non, je ne suis pas une actrice qui vit ce qu’elle vit dans le film... je ne suis pas capable de faire ça, mais j’admire les gens qui le font parce que c’est une technique intéressante. »

Le film, tourné en anglais, prendra l’affiche au Québec en français. Il a donc fallu le doubler, et quand on a la chance d’avoir des comédiennes francophones, elles peuvent se doubler elles-mêmes. « C’est très étrange de se doubler soi-même. Tu as un peu l’impression de gâcher le travail que tu as fait le jour du tournage. Habituellement, ça fait un an que c’est fini, tu n’es plus dans ta bulle ou dans ton personnage, c’est presque impossible de faire une aussi bonne job toute seule dans le noir devant un micro en quelques minutes. »

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« Mais ça s’est très bien passé, les directeurs de plateaux étaient exigeants mais agréables à travailler. Je crois que je suis contente du résultat; on a choisi de faire un doublage québécois, pas trop joual mais quand même, comme on se parle toi et moi.»

« On trouvait ça un peu bizarre d’aller vers l’accent international alors que la plupart des comédiens sont connus pour leur travail ici donc leur accent. »

Il y a quand même un travail nécessaire d’adaptation des dialogues... « Quand on sentait que la traduction était bien mais qu’elle nous emmenait dans une autre joke qui n’était peut-être pas la même, on essayait de trouver autre chose. Je pense que l’univers et l’humour sont respectés. »

Il y a aussi dans le film plusieurs scènes sensuelles avec Adam J. Harrington. « C’est ce que ton personnage vit, alors tu l’abordes comme une autre scène. C’est sûr que là où ça devient plus personnel c’est que c’est ton corps, tu ne le montres pas aux autres, mais ça dépend toujours d’avec qui tu tournes. On s’entendait super bien, on a fait des répétitions. C’est jamais super confortable évidemment parce que tu viens de te rencontrer, mais en général quand tu travailles avec des gens qui ont du talent, ça se fait simplement. »

Caroline Dhavernas vient tout juste de rentrer de Calgary où elle a participé au tournage de Passchendaele, un film sur une célèbre bataille de la Première Guerre mondiale remportée par les Canadiens. Elle y incarnera une infirmière. « C’est un moment très important pour les femmes parce qu’elles commencent à travailler. On a besoin d’elles dans l’effort de guerre. »

Émile Gaudreault

« Je connaissais la pièce, j’avais assisté à une lecture au début, alors je savais de quoi elle parlait, j’aime les personnages, j’aime les thèmes. » Émile Gaudreault a donc accepté immédiatement quand Denise Robert l’a contacté pour adapter et réaliser Comment survivre à sa mère.

Il a ensuite fallu choisir des comédiens qui parlent un anglais sans accents. Ont-ils une qualité commune? « Charisme, comédie et émotion. C’était très difficile à caster parce que ça prenait des acteurs qui étaient complets, comiques mais qui pouvaient aussi aller dans le drame heavy. Et avoir du charisme, percer l’écran. »
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Un acteur qui n’aurait pas de charisme ne serait pas très chanceux dans le métier... « On en voit. Ils sont bons, mais ils sont plates. Il faut chercher l’exception! Caroline Dhavernas : paf! Véronique Le Flaguais, Ellen David, Louison Danis... c’est ça le charisme : tu ne regardes pas ailleurs. Tu es fasciné, tu es subjugué. »

Même si le film a beaucoup de comédie, comment est l’ambiance sur le plateau? « Je suis extrêmement sérieux. C’est que si c’est drôle sur le plateau, ça veut dire qu’il fallait être là. Ça veut dire que l’acteur est sorti de son texte, mais ça ne veut pas dire que le film va être drôle. C’est tellement précis la comédie, ça prend tellement une musique particulière pour que ça marche. Je suis tellement concentré, je ne ris jamais, il faut aller chercher quelque chose de délicat et précis, alors on est sérieux. »

Pourquoi en anglais? « Le film découle du succès de Mambo Italiano en anglais, au box-office canadien, alors Denise Robert devait investir dans un film en anglais, ça ne pouvait pas être en français. »

Le doublage de Mambo Italiano avait beaucoup nuit à son succès. « On apprend de nos erreurs. Avec Mambo on était peut-être allé trop québécois, cette fois on est moins québécois mais ça prenait quand même un naturel. Moi je travaille avec l’adaptateur, en studio on s’assure que chaque ligne fonctionne. On fait ça sérieusement. »

Antoine Durand double le personnage d’Adam J. Harrington tandis que Sébastien Dhavernas, le père de Caroline, joue son père dans le film, incarné par l’acteur Colin Mochrie. Johanne Léveillé prête sa voix au personnage d’Ellen David.

« J’ai un dépôt au mois de novembre d’une comédie policière en français, sur les relations père-fils... » avec un acteur et un humoriste connus, qui ne le savent pas encore, alors on taira leur nom. Le tournage pourrait avoir lieu dès l’été prochain si le projet est financé par les institutions.

Ellen David

Quand on a proposé à Ellen David le rôle central de Comment survivre à sa mère, elle a accepté tout de suite. « Ce n’était pas très difficile de me convaincre, le rôle était tellement complexe, intéressant, plein de choses à jouer. C’est un cadeau pour moi. »

« C’était tellement un personnage vrai, honnête, mais qui vit des choses extraordinaires. Il y avait des scènes de séduction, d’amour, de peine... c’est comme un défi, il y a beaucoup de couleurs à choisir, à utiliser. »

Est-ce que le sujet et le réalisateur permettent d’être spontané sur le plateau? « Avec Émile, oui, définitivement. Sur le plateau, il y a des choses qui se passent, on change des choses qui ne marchent pas... il faut, sinon on est comme des robots. »

Véronique Le Flaguais

Actrice très aimée des spectateurs québécois, Véronique Le Flaguais avait tout ce qu’il faut pour le rôle de la mère mourante. « Ils cherchaient quelqu’un qui pouvait composer une vieille dame, qui parlait anglais et qui avait un sens du comique. »

« J’ai lu le scénario et j’ai adoré ça. J’ai aimé l’univers, ce que ça dénonce, ce que ça dit. J’aime beaucoup les drames avec de l’humour dedans. Steve (Gallucio, scénariste) a cette facilité-là. »

Est-ce qu’il a fallu retravailler les textes sur le plateau? « C’est rare qu’on fait ça, parce qu’on répète avec le texte qui est écrit, alors si on n’est pas confortable, on change le texte. Il y a même des scènes qu’on a fait de deux façons pour qu’Émile ait le choix au montage. On se disait que si c’était trop clownesque, on ne le mettrait pas. »

Qu’est-ce qu’un réalisateur ne doit pas faire? « Je n’aime pas quand ils miment. On a l’impression d’être juste une marionnette. Je deviens très paranoïaque dans ce temps-là parce que si je fais comme lui, il va se dire que je n’ai pas d’imagination, et que si je ne fais pas comme lui il ne sera pas content... Ça me met dans une position très inconfortable. »

« J’aime bien répéter et avoir peu de prises. Parce que plus on a de prises plus on est conscient de soi, on se demande pourquoi on recommence. Quand on recommence trop souvent, je trouve que je perds la spontanéité. »
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