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Mardi 7 juillet 2009 à 08h59

Entrevues : De père en flic

Photo Par Karl Filion

Michel Côté et Louis-José Houde se donnent la réplique dans la comédie policière De père en flic, du réalisateur Émile Gaudreault. Le film prend l'affiche ce mercredi le 8 juillet.

Voyez notre galerie de photos de la première, qui se tenait dans le cadre de la Fête des Pères à Montréal, en cliquant ici.

Le film raconte l'histoire de deux policiers, un père et son fils, qui doivent travailler ensemble afin de convaincre l'avocat du chef de motards de témoigner contre lui dans un important procès. Pour ce faire, les deux hommes s'inscrivent à une thérapie de groupe en forêt pour père et fils, où ils devront non seulement faire le travail mais aussi apprendre à se respecter.

Lisez nos rencontres avec Michel Côté, Louis-José. Houde, Rémy Girard et Émile Gaudreault un peu plus bas.

Michel Côté

Quel était le défi de s’attaquer à ce rôle en particulier? « C’est toujours la même chose, c’est d’être bon dans un bon film. On est très dépendant de ça, les acteurs. Un bon rôle, dans un bon film, tu vas avoir l’air bien bon. Un mauvais rôle, dans un bon film, tu risques de ne pas t’en sortir... »

« Dans le cas de De père en flic, les personnages sont très différents, il y a une brochette de personnages. Il y en n’a pas deux qui se recoupent. C’est coloré, c’est touchant. Je suis très fier d’être dans le film. »

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À chaque nouveau rôle, on n’attend rien de moins que la perfection de votre part. « À chaque fois la barre est plus haute, je sens la pression de l’attente. Les gens s’attendent à quelque chose, et je suis du genre à prendre ça au sérieux cette attente-là. Je suis un gars fier, je suis orgueilleux, et je prends ça à cœur. J’ai du respect pour les gens, je ne veux pas qu’ils soient déçus. »

Qu’est-ce qui vous a plu chez le réalisateur Émile Gaudreault? « Il est très très fort en comédie. Ce n’est pas donné à tout le monde, c’est très difficile la comédie. C’est un gars qui a fait de la scène, et je pense que c’est sa grande force, surtout au niveau du timing. Au tournage, il filme beaucoup, il écrit beaucoup de stock, en sachant très bien qu’il va couper, mais au moins il a le choix. Et au montage, là, il est très très fort. »

Louis-José Houde est quant à lui un nouveau venu... « Il a pris beaucoup d’expérience pendant le tournage, on voyait même une différence entre le début du tournage et la fin. C’est un gars extrêmement intelligent qui a encore la belle naïveté et le pouvoir d’émerveillement nécessaires pour faire ce métier-là. Faut que tu restes curieux, faut que tu te remettes en question tout le temps. »

Louis-José Houde

Parlons de choses sérieuses... est-ce que la comédie, c’est sérieux? « Et comment! Michel dit souvent que la comédie n’a pas sa noblesse, qu’au cinéma c’est encore vu comme très léger, mais... m’a te dire une affaire, je sais de quoi je parle : faire rire c’est pas facile. Le timing est tellement important, n’importe quoi, chaque petit détail peut faire rater le gag. »

Est-ce qu’un spectacle laisse plus de place à l’improvisation? « En fait, quand Émile m’a offert le rôle, c’est une des premières affaires qu’il m’a proposées. Il sait qu’habituellement j’écris mes propres affaires, mes propres textes. S’il y a un mot que je ne suis pas capable de prononcer comme il faut... je n’aurai pas l’air fou en le prononçant. Deux fois, peut-être trois, je lui ai proposé d’improviser un petit quelque chose jute pour voir. Finalement, je n’ai eu qu’à changer quelques petites affaires. »

Et comment s’est déroulée cette première fois? « C’est la plus belle job d’été que j’ai eue de ma vie! »

Tu étais entouré de plusieurs acteurs chevronnés. « Michel Côté me jouait des tours, beaucoup. Non mais, juste de les observer... Ils répondaient à beaucoup des mes questions, j’écoutais beaucoup ce qui se passait sur le plateau... quand je ne dormais pas dans ma roulotte, parce que j’étais tout le temps crevé. »

« Michel me demandait la permission pour me donner des conseils, il voulait savoir si j’étais intéressé... Je lui ai dit d’arrêter ça et de m’en donner! Émile Gaudreault aussi, il m’a beaucoup dirigé. Il connaît l’humour, Émile, il connaît beaucoup la scène, et il savait tout de suite quand j’en mettais juste un peu trop pour que ça ne soit pas crédible. Il me ramenait tout de suite. »

C’est un film grand public, une comédie d’été... « Je trouve ça l’fun parce que les deux gangs, les pères et les fils, rejoignent quelqu’un assis dans la salle, c’est sûr. Un gars de notre âge, il se voit, il voit se père et ses amis, vice versa pour les pères, et pour les femmes et les blondes aussi. Ça rejoint tous les groupes. »

Est-ce que tu comptes retourner au cinéma prochainement? « Non, je vise plutôt la danse... Non mais franchement, ça n’a jamais été un but pour moi dans la vie de faire du cinéma, j’ai toujours voulu être humoriste, être stand-up et faire des tournées dans des grandes salles, et c’est ce que je fais depuis sept ans. Je veux écrire des spectacles meilleurs à chaque fois. Mais, là j’ai fait un film cette année et j’ai tellement aimé ça, alors ça sera des spectacles et un film, quand je peux. C’est deux affaires que j’aime. »

Après tous ces prix et ces billets vendus, est-ce que la pression du public est forte? « On m’a fait l’agréable remarque dernièrement que j’avais un parcours à peu près sans grosse faute, mais en même temps je suis tout à fait prêt à me tromper, parce que ça fait partie, je pense, du métier d’artiste. »

Rémy Girard

« La grande qualité de ce scénario-là, c’est son écriture. La qualité des dialogues, en particulier. Yan Lauzon est quelqu’un qui écrit bien, tout de suite le dialogue nous place d’emblée dans le personnage, sans équivoque. C’est une qualité rare. »

Comme décrieriez-vous votre personnage? « C’est un gars qui est très très perturbé, qui, comme beaucoup d’hommes, n’est pas capable d’exprimer ce qu’il ressent. Il est avocat des motards, il se dégoûte lui-même, et on n’arrête pas de lui rappeler dans les médias... »

Qu’est-ce qui vous plaisait chez lui? « D’abord, de jouer un personnage qui n’est pas comique dans une comédie, c’est déjà un défi. Ce n’est pas le personnage qui punch dans le film, ça m’a plu tout de suite. »

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Le film, qui mise beaucoup sur un choc des générations pour faire rire... « Je trouve ça habile de diviser les deux générations pour les refusionner tranquillement avec des activités. Les pères et les fils pensent différemment. On n’est pas là pour s’apitoyer sur notre sort, nous, les hommes! Là c’est rendu qu’il faut les écouter, les cajoler...» Ça, ça ressemble beaucoup à mon père... « Mais moi aussi ça ressemblait à mon père! »

Vous travaillez avec deux humoristes dans le film, Louis-José Houde et Jean-Michel Anctil. Est-ce plus difficile? « Oh non! Eux sont plus intimidés, parce qu’ils ont l’impression qu’on va les regarder de haut... Mais non, ils sont très bons. Je pense qu’il y a beaucoup de parenté entre les humoristes et les acteurs, et vice versa. C’est un choix d’acteur que d’être humoriste. »

Émile Gaudreault

Comme est venue l’idée du scénario du film? « En voyant un documentaire à la télévision, dans lequel il y avait des pères et des fils, dans le bois, avec un psychologue pour une espèce de thérapie, je me suis dis qu’il y avait un immense potentiel de comédie. »

« Dès que j’ai eu l’idée, j’ai tout de suite pensé à Michel et Louis-José. Yan et moi, on a écrit les personnages en pensant à eux, avec une énergie qu’on a imaginée qui n’était pas exactement la leur mais qui leur ressemblait beaucoup. D’ailleurs, ils se reconnaissant parfois dans leur personnage. »

Sans doute parce que les personnages sont très clairement définis et opposés. « Comme il y a beaucoup de personnages, ce qui est important, ce que les personnages, on les reconnaisse vite, qu’ils fassent une grande première impression. Le casting est donc très très important, mais l’écriture aussi. Les personnages sont clairs et typés, parce qu’il faut absolument que ça marche. »

« Louis-José était à l’aise de faire ça parce que le personnage est proche de lui, ça lui a permis d’être plus un acteur parce qu’il était confortable. Il pouvait être dans la vérité, et la comédie allait sortir tout seul. »

Y a-t-il de la place pour l’improvisation? « Oui, mais pas tant que ça. D’abord parce que le scénario avait été très très travaillé, très écrit. C’est très structuré la comédie, déjà de bien avoir la scène c’est un travail de moine, de virtuose, d’aller chercher ça. »

Une fois que le film est tourné, Denis Robert et vous-même avez pris grand soin de faire des projections tests avec un vrai public. « L’idée c’était d’écouter le film avec le public. On a travaillé trois mois sur le montage du film, ça nous permettait d’entendre la réaction des gens. Des fois c’est aussi bête que de voir que une scène en particulier, c’est là qu’elle finit et pas dix secondes plus tard. Ça permet d’avoir un rythme dans le film. » Il n’y a pas de recette pour ça... « Non, tu dois le sentir et écouter le public. Des fois tu es convaincu que ce gag-là, c’est le meilleur, mais finalement c’est l’autre qui marche. La comédie c’est comme ça, il faut peaufiner. »

Est-ce qu’il y a des scènes coupées qui vous manquent particulièrement? « Moi, c’est comme si je ne prenais pas de décision. Pour vrai là, on dirait que c’est le film qui décide. Tu regardes le film et tu te dis que cette scène-là n’a pas sa place, bien tu l’enlèves. Ça devient clair. Ça ne me fait pas de la peine parce que c’est une évidence. »

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