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Samedi 7 février 2009 à 14h55

Entrevues : Coraline

Photo Par Karl Filion

Pour doubler le film d'animation Coraline, le distributeur Alliance Vivafilm a fait appel à des vedettes québécoises qui prêtent leur voix aux personnages du film. Dans la version originale, Dakota Fanning incarne la petite Coraline, Teri Hatcher la mère et John Hodgman le père.

Catherine Brunet, qui était la vedette de Le petit monde de Charlotte, prête sa voix à la petite héroïne, tandis que Geneviève Brouillette et Jean-Michel Anctil incarnent ses parents. Ces derniers en étaient à leur première expérience en doublage.

Catherine Brunet

Tu as déjà une bonne expérience en doublage. « J’en fais depuis que j’ai l’âge de dix ans, donc ça fait huit ans. »

« Je suis une fan de Nightmare Before Christmas, alors quand j’ai appris que j’allais faire Coraline, j’étais vraiment vraiment contente. »

Est-ce que cette expérience était différente? « C’est différent parce que le doublage, d’habitude, c’est anonyme, là c’est différent de le faire avec des journalistes en studios et devant des gens. Quand on était à la première et que j’ai vu mon nom apparaître au générique, ça fait un petit quelque chose. »

« C’est bien aussi que les gens ne sachent pas tout le temps qui fait le doublage, parce que ça deviendrait lourd... Un moment donné on ne serait plus capable de faire la distinction, on serait tout mêlé. »

Est-ce que le fait que ce soit une animation change ton travail? « Je n’ai pas changé ma méthode de doublage, je faisais mon travail... Je suis contente de ce que ça donne, mais encore, en anglais, c’est Dakota Fanning qui double et elle n’a pas vraiment changé sa voix, alors je ne voyais pas l’intérêt de composer un personnage... J’ai rajeuni ma voix, c’est certain, mais sinon je n’ai pas créé un personnage de toutes pièces. »

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« C’est sûr que ça fait une différence parce que l’animation, c’est comme la comédie, c’est un peu plus gros... On peut se permettre plus de folies, mais il faut quand même arriver à calquer sur la voix en anglais. Les bouches sont tellement bien faites que c’est comme si c’était des vraies personnes. »

Que penses-tu de cette mode d’engager des doubleurs-vedettes? « J’ai une opinion neutre, je te dirais. Si les gens trouvent ça cool, tant mieux, si ça attire les gens à aller voir le film... Surtout qu’on se bat avec la France pour avoir le droit de faire nos doublages, tant mieux si c’est des québécois qui peuvent le faire, qu’ils soient connus ou pas, en autant que la job soit faite, et bien faite. »

Jean-Michel Anctil

Pourquoi crois-tu que tu as été choisi? « Je ne sais pas. C’est en brainstrom que mon nom est sorti. Je trouve ça l’fun parce que ça a été une expérience extraordinaire et je suis très très fier du travail. »

« J’espère que ça va ouvrir des portes, parce que donner vie à un personnage qui existe déjà, et qu’il soit crédible, c’est bien l’fun. »

C’est quand même un travail très exigeant et très rapide. « Je pense qu’ils ont été beaucoup plus patients avec Geneviève et moi parce que c’était notre première fois. Il y a des scènes où on a repris, on a repris, on a repris parce qu’il y avait un mot qui ne me rentrait pas dans la tête. »

Est-ce vraiment un film pour enfants? « Je te dirais que c’est 7 ans et plus, et les adultes vont leur trouver leur compte aussi. Des fois tu vas voir des films d’animation pour faire plaisir aux enfants, mais là tu apprends aussi. »

Geneviève Brouillette

Pourquoi crois-tu qu’ils t’ont choisie? « Bonne question. J’étais tellement contente qu’ils pensent à moi. Je pense que nous, les acteurs, on est toujours les derniers à savoir pourquoi on travaille, je n’ai pas de regard extérieur sur moi. Peut-être parce que je suis connue aussi... »

C’est un travail très difficile, surtout pour quelqu’un qui n’a pas d’expérience. « C’est sûr! C’est tellement technique, tellement de parties du cerveau qui fonctionnent en même temps, tout en essayant à travers cette structure-là extrêmement contraignante et extrêmement technique, d’avoir un peu d’émotion et de vie. C’est un super défi. »

« Tu as le directeur de plateau, qui est ton meilleur ami, qui te dirige. C’est comme un réalisateur. Moi, comme j’étais la première à le faire, je n’avais pas de réplique. »
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Il faut aussi parler un français plus « international ». « Tout à fait, il faut un français très soutenu, parce que moi j’haïs ça quand je sens le québécois. Tu dois être dans un lieu pas identifiable vraiment. Il ne faut pas que ce soit emprunté ou prétentieux. »

« Je me suis beaucoup fiée à ce que Teri Hatcher avait fait en anglais, parce qu'elle a travaillé avec le réalisateur. C’est ça que le réal. voulait. »

Tu joues le même personnage dans deux mondes différents. As-tu changé ta voix? « Ce que je me disais, c’est que la méchante, elle joue. Je ne changeais pas ma voix comme je changeais mes intentions d’actrice. Elle, elle est comme dans un commercial, tout est parfait. Alors que la vraie mère, elle est dans la vraie vie, elle est fatiguée, elle travaille... C’était dans l’énergie du personnage. »

Est-ce un film pour enfants? « Je pense que c’est pour les enfants. Les enfants aiment ça avoir peur. Il y a des belles leçons à prendre là-dedans... La petite Coraline, c’est parce qu’elle est wise qu’elle s’en sort. Quand t’es petit, tu aimes ça te faire raconter des histoires épeurantes... surtout que ça finit bien, heureusement. »
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