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Mercredi 2 août 2006 à 13h00

Entrevues - Bon Cop, Bad Cop

Photo Par Karl Filion

Sous le spectre des problèmes de financement du cinéma québécois, le réalisateur Érik Canuel va présenter dès jeudi soir le premier film canadien entièrement bilingue, Bon Cop, Bad Cop, qui fait la navette entre Montréal et Toronto et qui met en vedette Patrick Huard et Colm Feore.

Toute une panoplie de vedettes font une apparition dans le film, incluant Lucie Laurier, Louis-José Houde, Sarah-Jeanne Labrosse et Sarain Boylan, avec qui Cinoche.com s’est entretenu, lundi soir, lors de la première médiatique du film.

Voyez d’ailleurs notre galerie de photos de cet événement, en cliquant ici.

Lorsqu’un cadavre est découvert directement sur la frontière entre le Québec et l’Ontario, les policiers Martin Ward et David Bouchard, l’un Québécois et l’autre Ontarien, doivent laisser de côté leurs différents et leurs préjugés pour se lancer à la poursuite du « Tatoo Killer », un tueur en série qui semble en vouloir aux bureaucrates qui vendent notre sport national, le hockey, à des intérêts américains.

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Érik Canuel

Le réalisateur de La loi du cochon et Le Survenant s’attaque à un tout autre genre avec Bon Cop, Bad Cop, une comédie d’action dans la lignée de L’arme fatale.

À veille d’une sortie pancanadienne, le réalisateur demeure serein et confiant. « Je ne suis pas nerveux. Ce n’est pas la première fois, ce n’est pas le premier film et un moment donné, je ne peux plus rien faire moi-là. »

« J’ai vu le film au moins 150 fois, je suis extrêmement fier, c’est un film sans prétention, qui ne se prend pas au sérieux, c’est un divertissement pur et simple. C’est une ride en rollercoaster, tu embarques dedans et tu sais que ça va descendre, tu sais que ça va tourner, tu vas avoir mal au cœur, tu vas rire, tu vas crier, et tu vas arriver à la fin et tu vas dire : « Bon, je le refais-tu, ou bien j’vais voir autre chose? ».

« Et je pense que ça marche. »

« Le film a déjà réussi. Je suis fier du film, le reste ça ne m’appartient pas. Je ne peux rien faire, je ne vais pas aller donner des tickets dans les rues pour faire semblant que le monde y va. C’est sûr que si le film fait 5 millions $, tant mieux. Mais honnêtement, est-ce que le film va être meilleur à cause de ça? »

« Cet automne je fais Cadavres, un film noir très sombre, un genre de La loi du cochon rencontre Delicatessen rencontre 12 Monkeys. C'est un tout autre genre, j'ai besoin de me renouveler. »

« J’ai beaucoup participé au scénario de Bon Cop, Bad Cop, même si je ne suis pas mentionné à cause des règles d’unions, mais l’idée est vraiment de Patrick, et les autres scénaristes ont travaillé aussi très fort. Je m’implique quand c’est nécessaire, quand il faut réécrire des scènes.»

Mais le dernier mot, c’est le réalisateur qui l’a? « Oui. »

« Mais tu essaies toujours de travailler avec des gens avec qui tu n’auras pas besoin d’utiliser ton droit de veto, avec des gens intelligents, qui respectent ta création, qui respectent le travail que tu fais. »

Ça fonctionne aussi avec les acteurs. « Oui, je le choisis parce qu’il va bien faire dans le rôle, mais aussi parce que je vais tripper à travailler avec. »

« Le scénario original qu’on voulait tourner aurait pris pas loin de 14 ou 15 millions $. Alors il a fallu faire des ajustements, il a fallu couper des scènes pour arriver à le faire en 34 jours et pour 8,3 millions $. »

Est-ce qu’il y a des choses que vous regrettez vraiment d’avoir coupé? « Non, non. Parce que le regret n’amène rien. à la base il faut se dire qu’on a fait les meilleurs choix, qu’on a capturé l’essence de ce qu’on voulait faire avec le budget qu’on avait. C’est sûr qu’il y a des scènes que j’aurais aimé voir, que je verrai peut-être un autre jour, que je mettrai peut-être dans un autre film. Mais peut-être qu’elles ne verront jamais le jour. »

Son prochain film, Cadavres, est attendu à l’automne prochain, alors que le casting est présentement en cours.

Patrick Huard et Colm Feore

Les deux acteurs, rapidement inséparables dans le film, ont passé la soirée à répondre aux nombreuses questions des journalistes, de deux langues, réunis à la Place-des-Arts. Et Colm Feore, qui s’exprime en français de façon impeccable, a impressionné tout le monde.

« Mes parents sont irlandais, dit-il, et ils ont toujours pensé qu’au Canada, il fallait parler les deux langues. Et j’ai habité à Windsor, où il y a beaucoup de francophones. Puis, à l’école de théâtre à Montréal, même si j’étais dans le programme anglais, nous discutions beaucoup avec les élèves du côté français. »

Dans Bon Cop, Bad Cop, les Ontariens sont dépeints d’une façon souvent négative, même si ce n’est que pour rire. « Et les Québécois aussi, fait remarquer Patrick Huard, il le faut. Pour avoir le droit de critiquer les autres, il faut savoir rire de soi. Il y a beaucoup d’auto-dérision dans le film. »

« L’idée m’est venue lorsque je remettais un prix au gala des Genies, à Toronto (ndlr : le gala qui récompense le cinéma canadien), je faisais un monologue, et tout le monde riait des mêmes jokes, alors je me suis dis qu’on pourrait certainement faire quelque chose avec ça. »

Et tous les deux, lorsqu’on parle d’une suite, n’osent pas trop s’avancer. « C’est sûr qu’on aimerait beaucoup ça, dès demain matin. Mais on verra, avec le succès de celui-là. Mais c’est sûr qu’on a encore plusieurs idées. »

Lucie Laurier

Lucie Laurier incarne l’ex-femme de Patrick Huard, qui s’occupe maintenant de sa fille Gabrielle (Sarah-Jeanne Labrosse), et qui devra vivre un scène très intense.

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« C’est sûr que, comme je suis moi aussi une mère, ça aide pour jouer cette scène-là d’émotion. Mais c’est surtout l’instinct. Les scènes d’émotion tu essaies de ressentir le plus possible et de sortir les émotions quand il faut. »

« Je pense que c’est un film qui a tous les éléments pour être remarqué ailleurs, et qui fonctionne. C’est un film extrêmement abouti et bien fait. »

L’actrice n’a pas voulu nous en dire plus au sujet d’un film auquel elle participera et qui devrait sortir à l’automne prochain. L'annonce officielle devrait être faite le 15 août.

Louis-José Houde

L’humoriste, qui est présentement en écriture d’un deuxième spectacle, tient un petit rôle dans le film, celui de Jeff le médecin légiste. Et que ses fans soient rassurés, il n’a rien perdu de ce qui a fait son succès.

« C’est Patrick qui m’a approché pour un rôle qu’il avait écrit pour moi. Et heureusement parce que je ne suis pas un acteur, moi, je fais de la scène c’est ce que j’aime, mais quand il y a des opportunités comme ça c’est toujours intéressant. »

Sarah-Jeanne Labrosse

La jeune actrice, qui aura 15 ans dans quelques jours, qu’on a pu voir dans Aurore avait l’air bien à l’aise sur l’immense tapis rouge du film, malgré toutes les caméras et toutes les personnalités.

« Ce n’est pas vraiment la première fois. Je l’avais fait pour Aurore aussi, mais c’est vraiment cool. »

Et de travailler avec toutes ces vedettes sur le plateau de tournage? « Au début c’est toujours impressionnant de travailler avec des vedettes mais vite tu te rends compte que leur caractère n’est pas vedette du tout, c’était vraiment l’fun. Je me suis bien entendue avec tout le monde. »

« Mon personnage c’est la fille de Patrick… mais je ne peux pas dire le punch! Mais c’est une fille normale de douze ans qui veut se faire percer le nombril, et qui a du caractère. » Et on ajoutera qu’elle y va d’un numéro de ballet…

« Tous les jours il y avait des nouvelles surprises, surtout avec Patrick Huard, Louis-José Houde et Sylvain Marcel, c’est toujours comique. C’est sûr que j’apprenais beaucoup en regardant des acteurs qui ont beaucoup plus d’expérience que moi. »

Sarah-Jeanne Labrosse jouera prochainement dans la télésérie Nos étés, diffusée à TVA.

Sarain Boylan

L’actrice d’origine montréalaise qui incarne la sœur de Martin Ward dans le film, et qui travaille maintenant seulement en anglais, dit avoir beaucoup apprécié sont expérience de tournage même si l’ensemble de l’équipe s’exprimait en français et qu’elle a l’impression de ne pas avoir compris toutes les blagues.

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« Je comprends un peu », nous dit-elle en français avant de poursuivre dans sa langue maternelle, « mais comme le réalisateur et les acteurs parlent bien le français, j’avais souvent l’impression d’être laissée à l’écart. »

« Je suis très fière d’avoir participé au projet cependant, parce que je crois que le cinéma québécois est vraiment le meilleur au Canada, il a une identité propre, probablement à cause de la langue, et je crois que Bon Cop, Bad Cop est un bon moyen d’ouvrir les portes du Canada anglais. »

Bon Cop, Bad Cop prend l'affiche dès jeudi soir à 22 heures sur 133 écrans au Québec, avant de s'étendre à l'ensemble du Canada dès le 18 août.

Lisez la critique du film, prochainement sur Cinoche.com.

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