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Vendredi 13 juin 2008 à 11h00

Entrevue : Martin Gero pour Jeunes adultes qui baisent

Photo Par Karl Filion

Les francophones l’utilisent à outrance sans se douter de la gravité du mot. « Fuck », dans la culture anglaise, fait rougir de honte les blasphémateurs qui le prononcent. Quand le Festival de Toronto programme Young People Fucking (devenu, très judicieusement, Jeunes adultes qui baisent), un film canadien qui plus est, les bonnes mœurs sont ébranlées et c’est la controverse. « Le film n’est pas une controverse pour ceux qui l’ont vu. C’est comme juger un livre par sa couverture, c’est le titre qui est choquant. » dira Martin Gero, le réalisateur de cette comédie romantique qui parle de sexe comme d’un prolongement de l’amour. Ou d’un chemin vers, peut-être. « Habituellement, les comédies romantiques se terminent avec le premier baiser. Mais pour Aaron (Abrams, le co-scénariste) et moi, l’intéressant vient après. »

Abby et Andrew, jeunes mariés, tentent de mettre un peu de piquant dans leur vie sexuelle routinière pendant que deux amis de longue date, Matt et Kristen, se promettent du sexe, et rien que du sexe, pour combler un peu leur solitude. Ken, fieffé séducteur, convainc Jamie de passer une nuit avec lui alors que Gord et sa petite amie Inez invitent leur colocataire, Dave, à se joindre à leurs ébats. Et il y a les deux anciens amoureux, Mia et Eric, qui se retrouvent le temps d’une soirée en souvenir du bon vieux temps.

« Il fallait chercher des acteurs qui sont sexy, drôles, et cool avec le matériel. » Parce que déjà dans les premières minutes, les mots sont sulfureux. Mais que les mots. Il y aura bien quelques sous-vêtements, on devinera certainement le bout d’un sein, mais le sexe se passe hors du cadre. « Tous les choix qu’on a faits, c’était pour accommoder les acteurs. C'est un film d'acteurs. Nous avions un environnement très très relax, et j’étais moi-même très préparé. Il n’y a pas eu de changements au scénario, seulement des petites modifications. Même le distributeur n’a pas demandé de changer quoi que ce soit. On pensait que le titre serait refusé, mais au contraire, ils l’ont bien aimé et maintenant on est pris avec! »

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Gero, réalisateur canadien qui présente son premier long métrage, poursuit : « Il nous fallait une structure pour mélanger les histoires, pour ne pas que ce soit seulement cinq petits films. Alors on a divisé le scénario en six chapitres, pour parler un peu de chaque histoire dans chaque chapitre. »

L’avez-vous montré à votre mère? « Oui, à ma mère et à ma grand-mère. Elle l’a vu deux fois. Elle n’entend pas très bien alors elle se fiait beaucoup à la réaction du public, qui était très bonne. Bien sûr, ce n’est pas pour sa génération. Elle m’a dit qu’elle n’avait rien appris, cependant, mais je ne voulais pas en parler. Elle a 70 ans quand même. »

« C’est important de voir le film avec un public, près d’autres personnes pour sentir un peu la chaleur humaine. »
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