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Samedi 9 février 2008 à 09h30

Entrevue avec Rolando Colla

Photo Par Karl Filion
Le réalisateur suisse Rolando Colla était à Montréal cette semaine pour présenter son film L'autre moitié, un film qui explore le choc des cultures à travers la rencontre entre deux frères séparés depuis 35 ans. « J'ai des liens avec la culture musulmane à travers la Bosnie. Depuis que j'ai préparé un long métrage et que je l'ai tourné là-bas, je suis resté attaché à ce pays. »

Le personnage principal, Hamid, est un Algérien qui vit à Bruxelles. « Je ne voulais pas répéter l'histoire de la Bosnie, de la guerre, et tout ça, mais je voulais avoir la confrontation entre les deux cultures. Je voulais aussi raconter une histoire de famille qui me tient à coeur pour des raisons autobiographiques. C'est un mélange d'autobiographie et de prise de conscience de problèmes globaux qui me tiennent à coeur. »

Abel Jafri a la tâche d'incarner ce personnage qui vit dans une paranoïa constante. « J'aime bien les acteurs plutôt sobres, qui n'exagèrent pas, qui ne sont pas trop théâtraux, trop expressifs. » Et le film est lui-même impreigné de ce sentiment d'étrangeté, d'isolement et de claustrophobie. « Je trouve qu'on vit dans un univers très sombre, avec une atmosphère de paranoïa. Mais je ne peux pas ajouter une explication parce que ça banaliserait énormément l'univers que je raconte. Il n'y a pas vraiment de mots pour expliquer. »

« Il faut que les spectateurs soient touchés, et en même temps pas trop manipulés. Qu'ils soient confrontés un peu avec le côté sombre de leur existence. »


Y a-t-il des réalisateurs ou des cinématographiques particulières qui vous tiennent à coeur? « Le cinéma italien m'a beaucoup influencé. Tous. Fellini, Visconti, Pasolini, Rosselini... Dans les années soixante, septante, encore, et aussi des Français. J'aime beaucoup Cassavetes. On peut regarder beaucoup de films mais à la fin il faut trouver sa propre manière de raconter des histoires. »

Est-ce davantage la mise en scène ou le scénario qui raconte l'histoire? « Les deux, mais plus la mise en scène. Parce que si on prend un scénario et qu'on le donne à différents réalisateurs, ils vont faire des films très différents. C'est la mise en scène qui fait l'écriture, même si les dialogues sont déjà dans le scénario. C'est pour ça aussi que je co-écris mes films. »

N'avez-vous pas l'impression alors que, même si le cinéma n'a qu'une centaine d'années, tout a été dit? Peut-on se renouveler? « On peut si on parle de sujets actuels. On peut quand même trouver des expressions personnelles. La manière de raconter est devenue plus rapide. Le montage a changé, on a un rythme plus élevé. Dans la forme il y a certainement des choses à expérimenter. Je ne pense pas qu'on se répète, mais évidemment, les chefs-d'oeuvres sont faits. »

Le film L'autre moitié est présentement à l'affiche à Montréal au cinéma Beaubien, et sera présenté prochainement au Clap, à Québec, et à Sherbrooke.
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