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Lundi 11 août 2008 à 14h54

Édito : Une bonne chose de faite

Photo Par Karl Filion

Dans le cadre de mon travail, j’ai la chance de voir des tas de films très attendus avant tout le monde, parfois même plusieurs semaines avant leur sortie officielle. Il y en a qui sont jaloux, d’autres impressionnés, mais franchement, mon événement cinématographique de l’année 2008, je l’ai vécu 40 ans en retard. 40 ans.

La culture cinéphilique passe beaucoup par le « rattrapage ». Des films d’un autre siècle, souvent réalisés bien avant notre naissance, qui ne sont jamais projetés dans leur format original (le glorieux 35mm) et qu’on doit se contenter de voir sur DVD. C’est bien sûr une aberration cinématographique que de réduire une œuvre digne de ce nom – car elles ne le sont pas toutes – à une télé, quand bien même elle aurait 42 pouces HD ultra 1080i ++. Le Cinéma du Parc a eu la bonne idée de projeter, cette semaine, deux de ces œuvres qui n’existent jamais vraiment en dehors d’une salle de cinéma : 2001 : A Space Odyssey et A Clockwork Orange, deux moments marquants de l’histoire du cinéma et, pas le choix, de la carrière de Stanley Kubrick.

En 1968, je n’étais pas né. Alors je vous croyais sur parole : « 2001 a marqué le cinéma à jamais », d’accord, je le conçois très bien. Maintenant, je le sais. Jamais le symbolisme de la conclusion de ce grand film n’aura été si rigoureux, la musique si grandiose que sur grand écran; jamais la renaissance finale n’aura été plus inspirante qu’après l’éreintant voyage à travers le temps et l’espace de l’inoubliable chef-d’œuvre qu’est 2001. Voilà, c’est dit, aux oubliettes les Dark Knight et les autres grands films millésimés, les classiques sont intemporels, aussi beaux, aussi grandioses et aussi inoubliables en 1968 qu’en 2008. Ne manque plus que la version 70mm... quelqu'un est volontaire?

A Clockwork Orange, c’était plutôt un coup de cœur personnel. Mon premier vrai choc cinématographique, revécu hier soir dans la salle #3 du Cinéma du Parc. La musique, Malcolm McDowell, les couleurs vives de l’anticipation complètement farfelue d’un film de 1971 qui n’est même pas vieux. Parce que je n’étais pas né non plus, en 1971. Je le connais par coeur, ce film, et j'ai quand même été impressionné (ce qui ne m'arrive plus très souvent au cinéma).

Il reste une seule projection de A Clockwork Orange, ce soir, puis ce sera au tour de The Shining, présenté jusqu’au 14 août. Vous pouvez louer le DVD si ça vous chante – je l’ai, je vous le prête - mais on n’a jamais vu des films comme ceux-là si on ne les a pas vus sur grand écran. On ne peut qu’espérer Bergman pour les prochains mois...

Infiniment...

Je sais que je suis très en retard, mais l’occasion est belle de vous parler d’Infiniment Québec (j'avoue que jusqu'à maintenant, je n'en avais tout simplement pas envie), le film de Jean-Claude Labrecque réalisé à l’occasion des fêtes du 400e et justement présenté au Cinéma du Parc (en 35mm) depuis le 25 juillet. On peut aussi le voir à Québec, au Cinéma Cartier. En 52 minutes (quelqu’un a dit « télé »?) le réalisateur fait le tour du Vieux-Québec comme le ferait n’importe quel touriste, réduisant à quatre pâtés de maison et au Château Frontenac la vieille ville qui fait rêver les Européens. Originaire de Québec, Labrecque est ici franchement réducteur; le Château est de tous les plans, il n’y a de Québec que quelques vieilles rues enneigées. C’est trop facile. Québec (ma ville d’origine, pour les curieux) est plus belle et plus grande que ça. 24 cartes postales par seconde, c’est n’en connaître que la surface.

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