entrevue
Mardi 26 février 2013 à 16h08

Christian Vincent parle de Les saveurs du palais

Photo Par Karl Filion

Catherine Frot, Christian Vincent et Jean D'Ormesson sur le plateau de Les saveurs du palais

Le long métrage Les saveurs du palais, de Christian Vincent, prend l'affiche au Québec ce vendredi, après avoir connu un certain succès en France en récoltant près d'un million d'entrées en plus d'avoir valu une nomination aux Césars pour son actrice principale Catherine Frot.

Cette dernière incarne dans le film Hortense Laborie, une cuisinière propriétaire d'une petite ferme dans le Périgord, qui devient un jour la responsable des repas du Président de la République, malgré les obstacles mis en travers de sa route. Ce personnage est inspiré de Danièle Mazet-Delpeuch, qui a travaillé auprès de François Mitterand de 1988 à 1990.

Nous avons rencontré le réalisateur à Paris le mois dernier afin de parler de la genèse du film.

« Dans ce métier, on découvre des univers qu'on aurait jamais été amené à confronter, à explorer. Il faut essayer de changer d'un film à un autre, d'un univers à un autre. Entre les moments de solitude, l'écriture, et l'excitation de la préparation d'un film, de rêver à ce que ça va être... »

Et pourquoi cette histoire en particulier? « Il y avait un portrait de cette femme dans le journal Le Monde. C'est une histoire qui touche au pouvoir, à Mitterand, à la cuisine, il y a une espèce d'intérêt pour cet aspect de la culture française. Mais ce qui m'a intéressé véritablement dans cette histoire, c'est qu'après son temps passé à l'Élysée, elle souhaite aller passer un an sur une petite île perdue en Antarctique. On ne peut pas imaginer deux univers plus diamétralement opposés! »

Car Danièle Mazet-Delpeuch, qui a inspiré le personnage principal, a effectivement travaillé sur une petite île en Antarctique. « C'est une femme de caractère... Ça n'a pas dû être facile de travailler avec elle. »

« Là, je partais d'une femme qui existait déjà. Je pars toujours des personnages pour faire un film. Il y a toujours quelque chose chez eux qui vous échappe, quelque chose de mystérieux, et vous faites le film pour répondre à ces questions-là. »

« Je n'ai pas cherché à toucher à la vérité historique; l'époque n'est pas véritablement située, même si c'est tiré d'une histoire qui s'est déroulée pendant le deuxième septennat de Mitterand, autour de 1989-91... Mais je n'ai pas cherché à me coller directement à l'histoire. »

Et vous avez choisi Catherine Frot pour l'incarner. « C'est une actrice que j'aimais bien, elle a ce côté terrien, ce n'est pas une petite chose fragile, on a l'impression qu'elle peut débarquer de sa province. Elle a quelque chose de pas aristocratique, on sent qu'elle vient du peuple. »

C'était faisable de tourner à l'Élysée? « Bien sûr puisqu'on l'a fait! C'est faisable depuis Sarkozy. Est-ce que c'est parce qu'il est marié à... enfin, c'est devenu possible. Ils voulaient montrer une certaine ouverture... On ne peut tourner que quand il n'est pas là, alors il fallait faire le plan de travail en conséquence. »

La cuisine est un aspect important du quotidien. « Dans notre société occidentale, il y a un intérêt; un journaliste québécois me confirmait tout à l'heure qu'aux États-Unis, il y a plein d'émissions, en Europe, c'est la même chose, il y a un intérêt de la population pour ça. Ce n'est pas difficile à expliquer : c'est important de se nourrir, et la cuisine, c'est des traditions, c'est aussi la culture du pays. »

Les saveurs du palais est distribué par Métropole Films.

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