entrevue
Mercredi 22 février 2012 à 16h12

Bibo Bergeron parle de Un monstre à Paris

Photo Par Karl Filion
Une scène de Un monstre à Paris

Le réalisateur français Bibo Bergeron, surtout connu pour son travail à Hollywood sur les films d'animation Shark Tale et The Road to Eldorado, présente un film d'animation produit en France et titré Un monstre à Paris. Le film, qui raconte l'histoire d'une puce géante dans le Paris de 1910, met en vedette les voix de Vanessa Paradis, Mathieu Chedid et Gad Elmaleh.

Comment vous est venue l'idée d'un film sur une puce géante qui chante? « On ne sait jamais comment ça arrive ce genre de chose; ça vous arrive comme un coup derrière la tête et puis... Peut-être une nostalgie? Après quelques années passées à Los Angeles, sans pouvoir rentrer au pays, j'avais une nostalgie de Paris, et écrire un film sur Paris, ça me plaisait bien. »

Paris est une ville mythique, parfaite pour une histoire comme celle-ci. « C'est parfait pour un film romantique, musical et mystérieux. »

Y avait-il une demande en France pour ce type de film? « La demande elle venait de moi-même d'abord. J'avais besoin de faire ce film-là. Après Shark Tale, j'avais besoin de me détacher un peu du système des studios, de créer quelque chose de plus personnel, de plus poétique, plus tendre. »

« Quand je suis rentré à Paris, je ne suis pas idiot, je n'allais pas faire un film pour me rendre compte après quelques mois que personne n'allait me donner de l'argent et que j'allais vivre sous un pont en buvant du rouge. J'ai dit : « J'ai fait Shark Tale, pouvez-vous me donner de l'argent s'il-vous plaît? ». Ça a permis d'ouvrir quelques portes. »

Quelle expertise avez-vous rapportée de votre expérience hollywoodienne? « L'organisation, les choix à faire, économiques ou artistiques, le montage d'une grosse équipe, comment partager une vision, une seule vision à beaucoup de personnes, motiver les troupes, j'ai appris tout ça aux États-Unis. »

Lors de l'écriture, aviez-vous déjà les acteurs en tête? « Depuis le début, M. J'ai écrit le rôle de Francoeur en passant à lui. Quand  je l'ai rencontré, il a dit oui tout de suite. Je l'ai rencontré à l'automne 2005, et deux semaines après il m'invitait chez lui en me disant : « J'ai déjà composé une chanson. » Il était vraiment motivé, inspiré par l'histoire. À partir de là, on s'est inspiré l'un et l'autre. Lui s'est inspiré de mon univers graphique et des personnages que j'ai créés, et moi je m'inspirais de son univers musical, cette tendresse, cette poésie qu'il a. »

« Pour Vanessa, c'était simple : j'ai écrit un personnage de chanteuse vedette française, parisienne, qui a du succès, qui sait jouer la comédie, qui soit drôle et futée, intelligente avec un fort caractère, attachante aussi... En France, une chanteuse-actrice qui a ses qualités-là, il n'y en a pas 36 000. La number one, c'est Vanessa. »

Le travail de l'acteur doit cependant être très différent, puisqu'ils doivent jouer seulement avec leur voix. « Ils adorent ça! Ils n'ont pas de maquillage, pas besoin de s'habiller, pas besoin de savoir où est le micro, la caméra... ils adorent ça, ils peuvent complètement se lâcher. »

« L'acteur ne sait pas intrinsèquement ce qu'est le personnage, moi je sais. Je leur donne plein d'infos, tout le temps, je les abreuve, je les nourris. J'essaie de les éloigner d'un stéréotype de voix d'animation qui serait un petit peu trop manichéen, ou cliché, il faut qu'il y ait une profondeur dans les personnages. »

En animation, comme le projet s'étale sur plusieurs années, il faut être certain qu'on va aimer cette histoire jusqu'à la fin et qu'on va la mener jusqu'au bout. « C'est la qualité première qu'il faut avoir - on me pose souvent la question d'ailleurs - quand on est réalisateur de film d'animation, c'est qu'il faut se lever tous les matins en se disant qu'on fait le plus beau métier du monde et qu'on va motiver tout le monde. Tous les jours, pendant cinq ans, il faut tenir le coup. »

« Réaliser un film d'animation c'est comme réaliser un film, l'animation c'est juste une manière de raconter différente. Toutes les décisions et les directions artistiques, c'est moi qui les prends, et je dirige chaque décision du film comme un réalisateur. Aussi bien les acteurs que les animateurs, les techniciens. »

Utilisez-vous des technologies nouvelles dans le milieu français? « Ce sont les technologies du moment. On a les techniciens qui vont avec, les Français sont très bons dans ce domaine. Beaucoup des meilleurs animateurs du monde son Français, Européens et aussi Québécois. »

Un monstre à Paris prend l'affiche ce vendredi.

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