entrevue
Jeudi 22 mai 2014 à 16h01

Anne Weil et Philippe Kotlarski parlent de Les interdits

Photo Par Karl Filion

Une scène de Les interdits

Les réalisateurs Anne Weil et Philippe Kotlarski on présenté en novembre dernier leur premier long métrage, intitulé Les interdits. Le film, qui met en vedette Stéphanie Sokolinski et Jérémie Lippman dans le rôle de deux cousins français qui se font passer pour un couple en voyage de noces à Odessa afin de rejoindre des refuzniks juifs surveillés par le KGB en URSS, prend l'affiche ce vendredi au Québec.

Weil et Kotlarski, qui ont longtemps travaillé comme monteurs, signent également le scénario du film. Nous les avons rencontrés à Paris en janvier dernier.

Comment se déroule la réalisation à quatre mains? « C'est un film qui a été tourné dans trois pays, avec à chaque fois des équipes différentes, alors on n'était pas trop de deux. C'est un travail d'équipe le cinéma, et déjà comme on a écrit le scénario ensemble, c'est une seule vision. Il y avait beaucoup de travail. On s'est plutôt partagé les choses, dans le sens que Philippe s'occupait de la mise-en-scène et de la caméra, tandis que je m'occupais plus des comédiens, même si ce n'était pas hermétique. », débute Anne Weil.

Son collègue enchaîne : « La mise en scène est un travail collectif. Même quand un réalisateur travaille tout seul, il travaille quand même en étroite collaboration artistique avec des chefs de poste, directeur-photo, etc. »

« À la fois, c'est une course contre la montre éperdue parce qu'on n'a jamais le temps de faire ce qu'on a envie de faire, et en même temps, ce qu'on aime c'est que la mise en scène et les acteurs, ce soit le plus vivant possible. Il faut donc laisser l'inattendu survenir. »

Votre expérience de monteur vous aide-t-elle? « Ça ne nous donne pas l'expérience du plateau, mais en montant des films j'ai vu des metteurs en scène travailler avec des acteurs, poursuit Anne Weil. En regardant les rushs vous voyez quand même l'évolution de comment le metteur en scène cherche à faire aboutir son acteur. J'ai pu glaner les choses qui m'intéressaient... On sait certaines choses pour ne pas se faire piéger par la technique. Quand on est monteur, on sait avec quoi on s'arrange. »

« C'est un très bon poste d'observation, le montage. On voit l'évolution, et si on s'intéresse aux acteurs, c'est un travail formidable parce que c'est une première école de direction d'acteur. »

Quel travail faites-vous avec les acteurs? « Le travail c'est de gommer, c'est-à-dire d'enlever des tics de jeu, l'intellectualisation, d'essayer que l'acteur incarne. Pour chaque acteur c'est un peu différent, il faut trouver les mots. De leur faire jouer la situation au plus juste. »

Justement, votre film se déroule dans un contexte très particulier, l'URSS de 1979. « Certains acteurs connaissaient parfaitement le contexte, à commencer par tous les Russes. En allant voir les refuzniks, nos deux jeunes héros découvrent un peu la vie, avec ses contradictions, ses violences. »

Vous placez dans le film des moments d'humour, vous racontez même une anecdote au tout début du film... un tel contexte est-il approprié pour faire des blagues? « Ah oui! Il y en avait même dans les wagons qui emmenaient les gens dans les camps de la mort. C'est les Russes qui faisaient ces blagues. », répond Anne Weil. Philippe Kotlarski poursuit : « Comprendre cet humour noir c'est comprendre profondément ce qu'est l'âme slave. C'est l'humour du désespoir. Nous avons tenu absolument à ce qu'il y ait des petites saillies cocasses, parce qu'il y a quelque chose dans le tragique qui est infiniment cocasse. »

Distribué par Les Films Séville, Les interdits prend l'affiche ce vendredi au Cinéma Beaubien.

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