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Mardi 15 février 2011 à 16h30

Anne Le Ny parle des Invités de mon père

Photo Par Karl Filion
Une scène du film Les Invités de mon père

L'actrice Anne Le Ny, devenue réalisatrice avec le film Ceux qui restent, paru en 2008, a présenté son deuxième long métrage, Les invités de mon père, en mars dernier en France. Le film, qui met en vedette Fabrice Luchini, Karin Viard et Michel Aumont, prend l'affiche chez nous cette semaine.

Le film raconte l'histoire d'un médecin à la retraite de 80 ans qui héberge chez lui une mère monoparentale et sa fille immigrées en France afin de les aider à obtenir leurs papiers. Ses enfants, Arnaud et Babette, vivent difficilement avec la décision de leur père, et entrevoient des problèmes alors que ce dernier annonce son intention d'épouser la jeune mère.

Lors d'une rencontre à Paris plus tôt cette année, la réalisatrice a accepté de revenir sur la genèse de son deuxième long métrage. « Il y a eu une histoire un petit peu similaire dans ma famille éloignée. Mais dans cette histoire, la jeune fille était française, donc c'était clair qu'elle n'était intéressée que par l'argent. Mais pour moi, avoir un personnage qui était désigné comme « la méchante », ça ne m'intéressait pas. C'est donc en lisant des articles sur les sans-papiers que j'ai pensé à cette fille qui ne veut pas que s'enrichir, mais qui est dans une problématique de survie, pour donner une meilleure vie à sa fille. On peut comprendre son point de vue et pourquoi elle agit comme ça, même être d'accord avec elle à certains moments. »

L'engagement social est donc la principale motivation des personnages, du moins au début. « C'est une famille d'intellectuels de gauche, des gens qui sont très sincèrement engagés et intéressés par la chose sociale. » De nos jours, un tel engagement est plutôt rare, même en France. « C'est un personnage qui est possible pour un homme de sa génération. Il est toujours fidèle à sa conviction, mais le personnage de sa fille, par exemple, ce n'est pas un personnage qui est tellement politisé. C'était intéressant pour moi d'avoir des gens qui appuient l'action de leur père sincèrement... Sur le principe, ils sont pour. Ensuite, c'est comment nos principes se confrontent aux réalités de la vie, de passer de la théorie à la pratique. »

Aviez-vous déjà les acteurs en tête au moment de l'écriture? « Non, j'essaie d'écrire en pensant d'abord au personnage, mais l'idée de Karin Viard est venue assez tôt, contrairement à Luchini qui est arrivé au dernier moment. Il est arrivé sur le tard, et ça a été une très belle rencontre. » Est-il facile de travailler avec lui? « J'ai trouvé ça très facile de travailler avec lui. Voilà, il a ses côtés assez extravagants, mais ça c'est en dehors du travail. Dans le travail, c'est juste un excellent acteur. Ce sont des gens qui aiment jouer, qui aiment travailler et qui aiment quand on est exigeants. »

Votre expérience de comédienne vous aide certainement à mieux encadrer les acteurs. « Oui, probablement. Aussi, un plateau de cinéma, c'est un endroit qui m'est extrêmement familier. Contrairement aux réalisateurs qui viennent de la partie technique; eux, ils s'y connaissent beaucoup mieux en technique, par contre ce que ça représente d'humain, l'énergie d'un plateau, on connaît mieux quand on a été acteur. »

« Sans doute à cause de mon passé de comédienne, je pars un peu du principe que sur le sens général de la scène, c'est le réalisateur qui a raison, mais que, quand il y a une réplique qu'un bon acteur n'arrive pas à dire, c'est que la réplique est mal écrite. » Mais arrive-t-il un moment où l'acteur connaît mieux le personnage que vous avez écrit? « Ah, j'en suis sûre! C'est une chose que m'avait dit Vincent Lindon quand on avait commencé à travailler sur Ceux qui restent : « Il va y avoir un moment du tournage où je saurai plus de choses sur le personnage que toi. » Et c'est bien comme ça, j'en suis très heureuse. »

« J'emmerde tout le monde avec ça à tous les postes, de mon co-scénariste à l'accessoiriste, mais il faut que ça soit vrai, que ça soit juste. Il faut que je puisse y croire, que ça ne soit pas arrangé parce que c'est plus pratique. »

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