entrevue
Mercredi 21 avril 2010 à 10h34

Anna Mouglalis et Jan Kounen parlent de Coco Chanel et Igor Stravinsky

Photo Par Karl Filion
Anna Mouglalis et Mads Mikkelsen dans Coco Chanel et Igor Stravinsky

Le film Coco Chanel & Igor Stravinsky prend l'affiche au Québec cette semaine et Cinoche.com a rencontré le réalisateur Jan Kounen lors d'un passage à Paris en janvier dernier. Il s'intéresse, après le film d'Anne Fontaine (Coco avant Chanel, qui a pris l'affiche en avril 2009 en France) au destin de la célèbre couturière dans un moment important de sa vie, alors qu'elle héberge le compositeur russe Igor Stravinsky, qui a fui la révolution bolchévique.

Est-ce différent de travailler lorsqu'on sait qu'un autre film sur le même personnage est aussi en préparation? « J'ai toujours su qu'on faisait un autre film sur le personnage. Au moment où moi je suis monté à bord, l'autre existait. On se retrouve dans la position d'un coureur, sachant qu'on doit arriver le premier - ce qui n'a pas été le cas (ndlr : le film ayant pris l'affiche en décembre 2009 après avoir été présenté à Cannes en mai) - mais en même temps, cette course nous a permis de faire le film simplement. »

Croyez-vous que les références de la société québécoise et celles de la société française permettront de saisir le film de la même manière? « Une question originale! Vous voulez savoir de quoi parle mon film et s'il résonnera au Canada? » En France, Coco Chanel est une figure mythique... « Le film, ce n'est pas l'histoire de Coco Chanel. Le film, c'est l'histoire d'amour qu'elle a eue pendant huit semaines avec Igor Stravinsky. En fait, c'est presque une histoire d'amour à quatre, puisque Coco est encore dans la deuil de Boy Capel, et qu'Igor Stravinsky a sa femme et ses enfants qui habitent dans la même maison. »

« Ce qui était intéressant, c'est la modernité du personnage. C'est une femme indépendante, qui a sa création, sa société, qui et mécène pour des artistes. C'est une femme qui, dans les années 20, a une féminité d'aujourd'hui. Mais peut-être qu'au Canada il n'y a pas d'histoires d'adultère, de passion amoureuse, peut-être qu'il n'y en a pas entre artistes non plus... »

La première chose à faire, c'est de trouver une actrice pour l'incarner. Que cherche-t-on? « On cherche une actrice qui est la réalité de ce qu'a été Coco Chanel, parce qu'elle a vraiment existé, mais aussi ce qu'elle laisse dans l'inconscient collectif. Chanel existe toujours aujourd'hui à travers son image mythique. En plus, je cherchais une femme qui est à un moment particulier de sa vie, et j'ai trouvé Anna. »

« Elle a, de par sa voix, son mouvement, une froideur, une dureté, une force, et en même temps une élégance, une grâce et une sensualité. Je voulais une femme élégante, mais aussi un personnage dur et fort. »

« Ça a été une surprise pour moi, et en même temps quelque chose de très beau, parce que j'ai une relation avec la maison Chanel depuis longtemps. », déclare Anna Mouglalis, choisie pour incarner la célèbre couturière, et l'égérie du parfum Allure, de Chanel, depuis 2002.

« J'étais très excitée de la représenter à cette période-là de sa vie, parce qu'elle s'est composé un personnage, comme le ferait une comédienne. Elle a mystifié son passé, elle a raconté des histoires différentes à des biographes officiels. Elle a mystifié tant qu'il n'y avait pas trop de témoins. À partir de 1920, elle est en pleine possession de ses moyens. Elle a de l'argent, elle a du pouvoir, elle a même les moyens de devenir mécène. Elle devient la Chanel qu'on connait aujourd'hui. »

Teniez-vous à connaître les détails de sa vie avant de l'incarner? « Oui. Mais qu'est-ce qu'on connaît? La recherche permet d'enrichir l'imaginaire. Quand bien même on aurait une chronologie très détaillée de la vie de quelqu'un, ce sera toujours un travail d'imagination que d'incarner. »

« En plus, l'histoire qu'on raconte est une fiction. De sûr, on sait qu'elle a été le mécène de Stravinsky, qu'elle l'a abrité chez elle pendant plus d'un an, et que pendant des années elle lui a envoyé de l'argent tous les mois. En revanche, à priori elle ne vivait pas dans cette maison quand lui y vivait. »

Avez-vous peur que de trop répéter puisse nuire au naturel? « J'aime bien répéter, mais toute seule. Me préparer, quoi. Jan il ne répète pas trop non plus. Moi je pense que plus on travaille, mieux c'est. Il n'y a jamais trop de travail, et je ne pense pas que le travail puisse tuer le naturel. Au contraire, on découvre son naturel dans le travail. »

Le film prend l'affiche à Montréal ce vendredi et ailleurs au Québec dès le vendredi 30 avril.

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