entrevue
Mercredi 26 septembre 2012 à 16h21

Anaïs Barbeau-Lavalette parle de Inch'Allah

Photo Par Karl Filion
Une scène de Inch'Allah

Le long métrage Inch'Allah, de la réalisatrice québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette (Le ring), prendra l'affiche ce vendredi. Le film raconte l'histoire d'une jeune Québécoise, Chloé, qui travaille comme médecin dans un camp palestinien près de Jérusalem-Ouest. Confrontée à la violence et divisée entre ses amies Ava, une soldate israélienne, et Rand, une femme enceinte palestinienne, elle vit au coeur du conflit armé.

La réalisatrice connaît bien ce coin du monde. « Ça fait plusieurs années que j'ai une relation et avec Israël et avec la Palestine. J'ai voyagé là-bas pour faire des documentaires, après pour étudier, et donc, au fur et à mesure des liens créés, j'ai ramassé des histoires et des expériences assez fortes. »

« Ce n'est pas autobiographique, c'est de la fiction, mais je n'aurais pas pu inventer tout ça, je ne me serais pas donné la permission. C'est tellement loin de nous. »

Comment y est-on accueilli? « Bien, les gens sont contents que tu viennes les voir. Ils sont contents que tu t'intéresses à eux, parce que ce n'est pas un endroit où tu vas faire du gros tourisme, normalement. Les gens ouvrent les portes, ils ont envie de se raconter.

« J'ai l'impression que d'être une fille ça ouvre encore plus de portes en fait. L'idée d'en faire un film est venue sur le tard, donc au début il n'y avait pas de rencontre « intéressée » ou de recherche, c'était vraiment juste comme dans la vie. C'est ces relations-là que tu approfondis. »

Justement, le film raconte surtout le récit de personnages majoritairement féminins. « Ce n'est pas une décision, pas un statement non plus... Je trouve ça drôle parce que tsé, si ça avait été des gars, je ne suis pas sûre qu'on aurait dit que c'est un film avec des personnages principalement masculins. Peut-être. C'est vrai qu'on en voit moins des films avec des personnages féminins qui sont les principaux. C'est l'histoire d'un triangle amical entre trois filles; une Israélienne, une Palestinienne, une Québécoise. Je pense que le fait qu'elles soient des filles, peut-être que ça change leurs rapports. »

Mais justement, une amitié semblable entre trois garçons auraient été bien plus improbable. « Oui, peut-être que tu te dis que l'Israélienne, la Palestinienne, elles auraient pu, elles auraient dû être des amies. Elles ont beaucoup de points en commun. Elles auraient peut-être dansé ensemble, si ça se pouvait. »

Pour la Québécoise installée là-bas, c'est important de réunir les deux peuples? « Je ne pense même pas que c'est conscient. Elle n'est pas politisée, elle n'est pas là comme militante, au contraire, elle est très objective. Le fait d'être entre la Palestine et Israël, de servir un peu de courroie de transmission. Chloé est avalée par la réalité de la guerre, elle devient elle-même un champ de bataille. »

« Ce n'est pas parce qu'elle choisit, c'est la guerre qui la choisit. »

Elle est observatrice au début, mais un jour, elle devient plus proactive, elle prend parti. « Complètement. Le film est là-dessus, moi je pense que c'est ça le tragique de la guerre. Ce n'est pas parce qu'on est blanc et occidental qu'on est imperméable à cette tragédie-là. Un moment donné, la guerre t'avale, elle est plus forte que toi. Ce n'est pas parce qu'elle est Québécoise qu'elle est à l'abri. »

Pourquoi Evelyne Brochu? « J'ai vu plusieurs filles, mais c'est un personnage complexe car il y a peu d'éléments pour nous la raconter. Elle est dans un pays qui n'est pas le sien, elle ne porte pas les vêtements qu'elle porterait habituellement, elle n'a pas le même cercle d'amis qu'elle aurait habituellement, donc c'est sa présence qui nous la raconte. Évelyne a cet espèce de charisme; elle nous raconte une histoire juste à la regarder. On a envie d'être avec elle. »

Peut-on adapter l'histoire aux situations pendant le tournage? Est-ce que les décors inspirent aussi des parties du film? « Venant du documentaire, j'ai toujours envie que ça se passe, d'être ouverte à ce que la vie propose. La fiction est très contrôlée normalement, parce que c'est gros, c'est plus lourd, mais c'est l'fun de garder cette légèreté-là que nous permettait aussi la caméra qu'on a choisie, une caméra assez souple qui est toujours en mouvement. S'il y a quelque chose qui se passe à côté de ce qu'on avait prévu, il faut qu'on soit capable d'aller le chercher. Il faut pouvoir composer avec les éléments qui peuvent survenir. »

Inch'Allah prend l'affiche partout au Québec ce vendredi.

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